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Eveline Porée-Maspero – On Pchum Ben Cakes

More on Pchum Ben from French-Language sources, for all to enjoy. French starts below the jump. As usual, my intention here is to make difficult-to-obtain but crucial sources for scholarship on this issue available. No copyright infringement is intended, and I will remove this post on notification from the legitimate copyright holder that they request I do so.

LES GÂTEAUX DE LA FÊTE DES MORTS

Présentés au festin des ancêtres, les ben font croître vigoureuses les plantes de paddy. Nous sommes loin, me semble-t-il, des usages indiens auxquels, de prime abord, nous ramènerait l’emploi du mot ben, sanskrit pinda: “boulette de riz.” Les pinda sont offerts individuellement à tel ou tel mort, la date de leur présentation variant avec celle du décès, tandis que les ben sont uniquement fabriqués pour la second quinzaine de photrobot où les mânes sont collectivement célébrés. Suivant la croyance brahmanique, il faut après la mort refaire un corps glorieux au défunt, en lui offrant chaque jour un pinda: le premier lui redonne une tête, le second des oreilles, des yeux et un nez, et ainsi de suite jusqu’au dixième pinda qui représente le corps au complet. Je ne connais rien, dans les rites cambodgiens, qui se rapproche de cet emploi des pinda.

Les ben, de riz gluant cuit dans du lait de coco et parfois mêlé d’ingrédients divers, sont en général placés sur un plateau, autour bu bay betbor qui est laissé à la pagode. Les boules de ben sont d’habitude quinze, ce qui nombre de cinq, huit, ou neuf, chiffres symboliques de l’espace. Dans tel village encore, le bay betbor est entouré de huit kanton contenant les ben: on en met un journellement dans chacun des réceptacles.

Finalement, les huit kanton, contenant alors chacun quinze ben, sont déposés autour du temple à chacune des directions de l’espace. Nous avons ici, très nettement, l’idée de totalités: celle du teps de visite des morts, celle de l’espace. A Kran Punror, on fabrique autant de ben qu’il y a d’habitants dans la maison: ici encore, il y a totalité: elle ne correspond plus à la communauté des korts mais à la communauté familiale.

À Pisei, où l’on dit que l’on aide au développement des rizières en y jetant des ben, ceux-ci sont fabriqués en nombre égal à celui des grandes rizières qu l’on possède: si l’on n’en possède qu’une, l’on ne façonne qu’un ben. Plus n’est question, semble-t-il, d’offrandes aux morts; et je me demande si la véritable origine des ben cambodgiens n’aurait pas été la coutume de “donner du riz cuit au paddy”, oy bay srov, confondue avec l’offrande hindoue des pinda par suite de l’association des rites de fertilité au culte des morts.

Les ben, m’a-t-on dit plusiers fois, peuvent être remplacés par des morceaus d’ansam. Ce gâteau et le nom kom sont faits en grandes quantités dans chaque famille, en photrobot, car on en distribue à tous ses amis et connaissances, après en avoir porté à la pagode. Nom ansam et nom kom font également partie des cérémonies du mariage. Leur symbolisme sexuel n’est pas douteaux, d’après les légendes, et l’on dit que l’ansam représente l’organe mâle, le kom l’organe femelle. Tout contribue donc à prouver que la fête des morts est une fête de fertilité.

[From Porée-Maspero, E. (1964). Étude sur les rites agraires des Cambodgiens. Vol. 2. Paris, Mouton & Co., pp. 333-335]

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