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Marcel Zago, on Boun Ho Khao Padap Din and Boun Khao Salak

I received a nice email from Patrice Ladwig in Bristol today; we’d met at the IABS where we shared space on an excellent panel concerning death practices in Buddhist Southeast Asia. He concentrated on two ceremonies in Laos that closely resemble the Cambodian Pchum Ben, and of which I was almost completely ignorant. He also sent me a few pages from Macel Zago’s  Rites et Ceremonies en Milieu Bouddhistes Lao. Pp. 315-318. Since this work is difficult to find, I’ve posted it here for those who are interested. (sorry, it’s in French). Find it after the break.

Fêtes du neuvième mois, le Boun Ho Khao Padap Din.

La désignation de ce Boun signifie littéralement fête des paquets de riz qui ornent la terre. C’est la première des célebrations en faveur des morts durant la saison des pluies, elle est ainsi dénommée à cause de l’usage de déposer partout des paquets de riz destinés aux trépassés. Elle se célèbre le quatorzième jour de la lune décroissante, c’est-à-dire à une période lunaire inverse des autres fêtes mensuelles, au moment de la plus grande obscurité.

Diverses croyances circulent parmi les Lao pour la justifier: à cette occasion tous les défunts sont laissés libre par le roi des enfers, ils peuvent donc retourner aupr“es de leurs familles et recevoir leur aide; dans les vies de Bouddha l’on raconte que Tiao Phimphisaan était troublé par les fantômes de ses parents morts, devenus Preta, il fit alors l’ofrande à Bouddha en leur faveur et tous furent libérés; selon un Jataka narré par Bouddha, deux pauvres bûcherons envoyèrent tous leurs gains pour offrir ce jour-là des dons aux trépassés, ils renaquirent pour cela dans une enviable condition sociale en qualité de rois, Bouddha conseilla donc la fidélité à cette fête à cause de cet exemple.

Le treizième jour, l’on prépare divers dons, riz cuit de différentes façons, gâteux, boissons, cigarettes, bétel, et l’on en fait quatre parts, une pour la famille, une autre pour les amis et les visiteurs, une troisième pour les bonzes et l’autre pour les morts. Ce qui est réservé pour ceux-ci est mis dans des paquets (Ho) entourés de feuilles de gananier. Le lendemain matin, quatorzième jour, avant l’aube, les membres de la famille se rendent dan l’enceinte de la pagode et placent les paquets pendus ou déposés sur les branches d’un arbre, ou aux pieds; d’autres son mis dans les cimetières, aus pieds des That ou Chedi, le long de la clôture de la pagode, etc…. Quand il fait jour, ils retournent à la pagode présenter les dons réservés aux bonzes, les déposent dans leur bol, versant immédiatement de l’eau à terre pour transmettre le mérite aux défunts. Ils restent là pour recevoir les préceptes et écouter un passage des écritures. Les bonzes ont tendance à insister sur la plus grande efficacité provenant de la charité envers les disciples de Bouddha que celle résultant des dons déposés pour les morts. Cette fête est célébrée avec grand intérêt par les Lao, précisément parce qu’elle est en faveur de leurs defunts; elle s’accompagne d’une grande joie, biend compréhensible surtout chez les enfants qui peuvent assister à la préparation des gâteaux et béneficier de leur distribution. C’est un repos également pour les adultes en cette période plutôt rude de travail à la rizière.

A l’époque des nuits sans lune de neuvième mois, se célèbre, à Luang Prabang, la fête des courses de pirogues, le Buon Souang Hua, pour obtenir fraîcher et félicité. Selon le croyance, deux ermites habitent le cime de la montagne et se mettent à contrôler si la course se fait au jour voulu; l’on raconte qu’une année ils sortirent au bon moment, mais ne virent pas la course qui avait été déplacée; toutes sortes de calamités s’abattirent sur le royaume.

Fête du dixième mois, le Boun Khao Salak
Cette appellation, “fête du riz tiré sort”, indique la manière selon laquelle l’offrande est transmise aux bonzes en cette circonstance. Elle a lieu à la pleine lune du dixième mois, et revêt une double finalité, fête en faveur des morts et fête agricole. Les rites concernent trois desinataires, les bonzes, les trépasses et les divinités de la rizière. Tout se concentre cependant dans le désir d’aider les défunts; “il ne peuvent plus accomplir d’action méritoires, puisqu’ils ne travaillent ni ne gagnent plus ce sont les vivant qui dolvent faire le bien et surtout la charité en suffrage pour eux et comme signe de reconnaissance”. La fête est familiale, une journée de toute la parenté et des ancêtres.

La vielle, l’on prépare le dons, comme pour la fête du neuvième mois, nourriture, boissons et autres offrandes, avec fleurs, cierges et encens. Parmi les diverses façons de préparer le riz, une mention spéciale revient au Khao Thip ou riz angélique, qui trouve son équivalent dans les pays voisins. De bon matin, les habitent se rendent à la pagode avec leurs dons, et quand tous sont arrivés, débute la cérémonie. Chacun met son nom sur un plateau. Ils récitent alors la formule d’offrande: “O Bonzes estimés, nous tous offrons le Khao Salak (riz à tirer au sort) ainsi que les autres aliment et dons à la communauté des Bhikkhu. O Bonzes estimés, nous vous demandons d’accepter nos aliments et nos dons, afin qu’ils soient source d’avantage et de bien-être à nous, tous en tout temps.” Les bonzes répondent tous ensemble: “Sathou,” qu’il en soit ainsi. Puis chacun de ces derniers extrait du plateau un ou plusieurs billets, selon le nombre disponible. Le laïc, dont le nom est sorti, présent son offrande au religiuex qui aussitôt prononce une bénédiction de souhait, tandis que son bienfaiteur verse de l’eau à terre pour transmettre le mérite à ses chers défunts. Quand le tirage au sort est terminé, le supérieur de la communauté récite trois fois le Namo et ensuite l’Oupalok. Alord les bonzes mangent et à la fin disent ensemble l’Anoumothana, lisent un passage proper à la fête. Le soir, les fidèles assistent au service religieux; à Luang Prabang, ils sont tous habillés de blanc et portent avec eux les offrandes rituels. De nombreux cierges brûlent devant l’autel de Bouddha. La participation se fait par famille. La deuxième part des dons est destinée aux trépasses, qui ce jour-là aussi peuvent retourner auprès des leurs; les offrandes sont déposées avant l’aube à côté ou sur un arbre de la pagode; l’on jette du riz aux quatre vents, pendant le déjeuner des bhikkhu, à l’intention surtout des Preta affamés. L’autre part est portée par le maître de maison aux divinités de la rizière et déposée dans leur édicule.

Cette fête est le résultat de plusieurs autres superposées. Une survivance d’abord d’une fête brahmanique agricole, où l’on présentait les prémices aux divinités et qui se retrouve encore chez les T’ai du Nord; maintenant ces prémices d’addressent aux bonzes, aux ancêtres et aux divinités de la rizière. Une fête également des morts, répandue en divers pays indochinois t’ai et de culture indienne; à noter qu’ancêtres et agriculture s’appellent l’un l’autre les premiers protégeant de fait ce pays, rural dans son ensemble les offrandes passent par les bonzes, qui sont la sources de tous les mérites et les intermédiaires entre les morts et les vivant selon une conviction commune chez les Lao.

From Zago, Marcel. Rites et Ceremonies en Milieu Bouddhiste Lao. (Roma: Universita Gregoriana Editrice, 1972). No copyright infringement intended.
Copyright holder: if you wish me to remove this text, please contact me and I will be happy to do so.

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