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Eveline Porée-Maspero on Pchum Ben

In Uncategorized on July 24, 2008 at 6:44 pm

More French-language sources on Pchum Ben, the “Hungry Ghost Festival,” following on yesterday’s short piece from Marcel Zago on the related festival in Laos. Enjoy after the jump.

Taken from Porée-Maspero, E. (1950). Cérémonies des douze mois. Fetes annuelles Cambodgiennes. Phnom Penh, Institut Bouddhique. pp. 47-58. La quinzaine des morts

Le Kàn’-Ben: Au premier jour de la lune décroissant de photrobot commence la quinzaine réservée par les Cambodgiens au culte des morts.
En ce mois de photrobot où le ciel est obscurci par les nuages de pluie, en cette quinzaine où, la lune diminuant, chaque nuit devient plus sombre, Yâma, le Roi des Enfers, libères les âmes, qu’une trop grande lumière effraierait, pour qu’elles se mêlent un temps aux vivants. D’aucuns ajoutent que si, ayant cherché dans sept pagodes, elles ne trouvaient pas leur part d’offrandes, elles maudiraient leurs familles.

On emploie, pour désigner cette quinzaine dédiée aux mânes, le terme de Kàn’-Ben, “Tenir les ben,” le mot ben venant du sanskrit pinda qui désigne les boules de riz offertes aux morts pour la création de leur corps spirituel après le décès.

Des incriptions du roi Yaçovarman, qui régna entre 889 et 910, nous apprennent que, dans les nombreaux couvent par lui fondés, on offrait chque mois des pinda aux morts dans les combats, aux âmes délaissées.

De nos jour les ben sont des boules de riz gluant, cuit dans du lait de coco et mêle d’ingredients variables suivant les coutume locales. On les dispose sur un plateau autor d’un gâteaux central, le bay bettbor qui est placé sur une coupe à pied. Le bay bettbor est du même riz que les ben, mais on lui donne une forme pointue, et on le recouvre d’un cône en feuille de bananier effrangée au commet, où l’on plante une mince bougie, des fleurs et des baguettes d’encens.

En général, les ben croissent en nombre, depuis le premier jour où il n’u en a qu’un, jusqu’au dernier jour, où il y en a quinze. Mais il y a des variations locales. Dans tel village, on fait cinq ben qui représentent les Cinq Bouddha; dan tel autre, le bay bettbor est entouré de huits petits réceptacles en feuille de bananier (kantong) contenant chacun d’une à quinze boules. Ces huit kantong seront déposés autour du temple, aux huit points de la rose des vents.

D’habitude, tandis que la bay bettbor est laissé à la pagode, les ben sont ramenés à la maison, pour servir à la grande fête qui clôture la quinzaine des morts.

Outre ces offrandes, on prépare, dans la salle des fêtes de la pagode, un bouquet puramidal appelé phkar ben “fleurs de ben”. Il est formé d’un axe central de bambou, qui peut atteindre un mètre de haut, et qui soutient des rondelles de bois, de taille décoirssant, sur lesquelles sont piquées des fleurs en clinquant et en papier multicolore qui, monteees sur des fils de métal très mince, tremblent au moindre souffle. Des oriflammes, dont la taille décroit avec celle des étages, ornent la pyramide florale, surmontée d’une image en bois de l’oiseau mythique hamsa (hang en cambodgien) qui soutient un cierge. Dans certaines paroisses, il faut que ce cierge soit remplacé chaque nuit par les fidèles.

On dit que le bouquet est un hommage au Prah Colamonei, stupa céleste où les dieux enfermèrent les cheveux que le Buddha coupa lorsqu’il quitta la vie princière.

Dès le jour de la pleine lune de photrobot, les fidèles se réunissent dans la salle des fêtes de la pagode, décorée à cet effet, pour prier et écouter des sermons. Puis ils rentrent chez eux pour prendre quelques heures de repos, car ils devront se réunir à nouveau bien avant l’aube.

Alors qu’il fait encore nuit, celui que est arrive le premier au temple fait résonner le tam-tam pour appeler les fidèles. Ils accourent, portant, avec le bay bettbor et les bay ben, des mets prepares pour la fête. Après avoir fait trois fois le tour de temple en le tenant à leur droite, ils entrent dans la salle des fêtes où les bonzes dissent des prières. L’une de celles-ci consacre aux morts les offrandes, une autre appelle le retour de la lumière.

A la pointe du jour, on offer aux bonzes un petit déjeuner, puis on rentre chez soi, remportant les bay ben; mais vers la fin de la matinee, l’on s’en retourne au monastère pour offrir aux bonzes leur principal et dernier repas de la journée.

Les reunions et les prières se renouvellent ainsi pendant tout la quinzaine, les rites les plus importants ayant lieur le dernier jour.

Le Cérémonial Royal. – Au palais, les rites pour les morts ne commencent qu’au onzième jour de la lune décroissante.

Nous ne pouvons donner ici qu’un résumé très succinct de ces ceremonies, qui se distinguent des celebrations populaires moins par les rites que par leur faste et leur solennité.

C’est ainsi, par exemple, qu les “fleurs de ben” sont plus nombreuses qu’ailleurs, car elles remplacent les bay bettbor familiers. Elles sont, comme ailleurs, en construction pyramidale, mais entre les “fleurs tremblantes” se trouvent des decorations diverses, sculptées dans du Coeur de canne à sucre sauvage, et à la base sont suspendues des representations de crocodiles et de nâga, faites en clinquant.

Les rites ont lieur dans la salle du trône, où l’on place une statue d’argent du Buddha, consacrée l’année prédédente; à la fin de la quinzaine des Morts, une nouvelle statue de Buddha sera consacrée.

A partir du 11me jour de la lune décroissante, des bonzes viennent réciter des prières dans la salle du trône. Ils reviennent dès quatre heures le lendemain matin, et prient jusque vers dix heures, où un repas leur est offert.

L’après-midi du 12me jour, ils sont remplacés par d’autres bonzes. Le rythme se renouvelle jusqu’à la fin, comme dans les premières vingt-quatre heures, et les variantes rituelles s’inscrivent dans cette sorte de résumé que nous avons fait.

Les prières qui se déroulent dans l’après-midi du 13me jour, et Durant la matinee du lendemain, sont spécialement destinées aux quatre derniers souverains, Leurs Majestés Ang-Duong, Norodom, Sisowath et Monivong.

Le Roi, la famille royale, la cour et les dignitaires y assistant et le représentant de la France vient participer aux rites de la matinee du 14me jour.

Alors a lieu le bangskol où est rappelée la vanité des choses humaines, et où l’on intercede pour le repos des âmes. Durant qu’il a lieu, les bonzes tiennent un cordon de fils de cotton ecru, don’t l’une des extrémités repse dans une coupe d’eau bénite posee devant le Chef des Bonzes, et don’t l’autre entour le pavillon où sont deposes les cendres de la famile royale, sorte de fil conducteur mystique liant ceux qui prient et les morts.

Puis le Roi et le représentant de la France, qu’imitent tous les assistant, présentent des fleurs aux statues des rois défunts. Les baku récitent des stances de benediction et le Chef du Protocole invoque leurs esprits, faisant des voeux pour leur Bonheur dans l’Au-Delà.

A neuf heures du soir, de nouveau, la famille, la cour et les dignitaires se réunissent autor de Sa Majesté pour la “Réunion des Ben”. Doivent être également présentes à la ceremonie les quatre épées des Sdec Tranh.

Jadis, lorsque le royaume s’agrandissait, ou lorsque son étendue le nécessitait, le Roi choisissait, parmi les princes de sa famille, des Sdec Trah, Rois Feudataires, qui régnaient sur les regions limitrophes, et qui étaient, au plus, quatre, suivant les quatre points du compass. Il leur remettait une couronne, une épée et un sceau.

Les couronnes et les sceaux ont disparu, mais les épées sont gardées, de nos jours, par des brahmanes, dans la pagode de Baray (Kompong Thom). Toutes quatres semblables, ces épées ont des formules magiques gravées sur la lame, et sur la poignée sont représentés quatres animaux qui symbolisent probablement les quatre points cardinaux. De meme que, jadis, les Sdec Tranh venaient à la capitale honorer les esprits de leurs ancêtres, de meme les épées qui les symbolisent doivent être présentes lors des offrandes aux morts royaux.

En outré, deux tables ont été placées en face des statues royales. Sur l’une, destinée aux rois défunts, tous les object sont en or; sur l’autre, reservée aux mânes des membres de la famille royale, tous les object sont en argent. Un guéridon supporte des vases remplis d’eau coco.

En arrivant, le Souverain allume deux cierges placés  devant les statues. Neuf baku récitent des stances de bénédiction. Ayant fini, par trois fois ils versent de l’eau bénite sur les paumes de Sa Majesté, tandis que sonnent les conques, puis lui offrent une feuille de phnou qu’il place au-dessus de son Oreille gauche, en signe de Bonheur.

C’est au tour du Chef du Protocole d’invoquer les manes, et demander leur protection pour le Bonheur du Roi, et celui de tous les habitant du Royaume, de quelque race qu’ils soient, grands ou petits, puissant ou miserable’s.

Alors, le Monarque se prosterne devant ses Ancêtres, et verse, en leur honneur, lentement, de l’eau de coco dans des verres. Quatre par quatre, les princes font de meme, puis les ministres et les mandarins.

Ceci fait, le Reine-Mère accomplit le meme rite, puis les princesses, puis les épouses des ministres ou des mandarins et les femmes de la cour.
Lorsque ce rite a été accompli, a lieu la lecture des textes sacrés, don’t celle de la vie du Buddha.

Alors a lieu la consecration de la nouvelle statue de Buddha. La cérémonie étant à peu près la meme, en cette meme nuit, dans les différentes pagodes du Cambodge, nous en reparlerons dans la paragraphe suivant.

Il faut noter, cependant, que les rites du versage de l’eau du coco et de la consecration de la statue du Buddha se font au Palais vingt-quatre heures plus tôt qu’ailleurs.

Les prières ont duré toute la nuit. Au petit matin, l’on remplit de vivres une reduction en bois de la Maison Flottante, et on l’amène jusqu’à la berge. Les offrandes sont transferees dans une embarkation de tronc de bananier, qu’on hale jusqu’au milieu du fleuve, où on la laisse aller à la derive, emportant avec elle les âmes des morts vers leur séjour habituel.

Un nouveau bangskol et un dernier repas aux bonzes clôturent les fêtes.

Parallèlement à ces ceremonies, les baku font des offrandes aux principales divinités brahmaniques, dans le pavillon qui leur est consacré. Ils les invitent cérémonieusement à sortir de leur retraite de la saison des pluies.

Rites poulaires et paysans. – Le dernier jour du mois de photrobot, considéré comme le plus important de la quinzaine des morts, est celui du pracum ben “rassemblement des ben”.

La veille, dans toutes les familles cambodgiennes, on s’affaire pour la confection de gateaux à base de riz gluant, enveloppés dans des feuilles de bananier et cuits à la vapeur. Ils seront offerts aux bonzes, parfois aux amis et connaissances, et les esprits des morts en auront leur part.

Cependant, la salle des fêtes est décorée à nouveau, car, dès la nuit tombée, commencent les celebrations religieuses qui dureront jusqu’au lendemain.

Cette nuit là, comme nous l’avons indiqué pour les ceremonies  royales, on fait le bangskol pour le repous des âmes, et l’on consacre une image du Buddha.

Lorsque le Buddha, troublé par le spectacle de la vieillesse, la maladie et la mort, quitta la vie princière pour chercher un remède aux maux des homes, il commença par se livrer à l’asceticisme. Mais il comprit bientôt que ce n’était pas la bonne voie, et la tradition veut qu’à ce moment, une jeune fille, Nang Socata, lui offrit un mets, fait des ingrédients les plus purs, qu’il accepta.
Il s’était installé sous un figuier sacré, et c’est là qu’il parvint à l’Illumination.

Mais auparavant son eternal ennemi, Mâra, s’était présenté devant lui et, furieux de ne pouvoir le détourner de la bonne voie, avait lance contre lui ses hordes démoniaques. Le Buddha, comme témoin de ses oeuvres, avait appelé la terre qui, tordant se chevelure, en fit sortir des flots qui noyèrent les armées de Mâra.

C’est en souvenir de ces évènements que sont célébrés les rites qui accompagnent la consecration d’une statue du Buddha.

Ainsi, en mémoire de Nang Socata, des vierges décortiquent à la main du riz choisi, qu’elles pilent et font cuire, avec de l’eau de coco, à la flame des cierges. Ainsi, avant que ne paraisse le jour, de jeunes garcons s’avancent, qui représentent les troupes de Mâra, et des jeunes filles, en leur lançant des pétales de lotus, symbolisent leur destruction par les flot issus de la chevelure de la Terre.

A l’aube, les fidèles s’en retournent chez eux pour un court repos. Mais ils reviennent à la pagode vers le milieu de la matinee, portant le plateau de bay bettbor entouré des ben, les plateaux d’offrandes et de mets divers, préparés  avec d’autant plus de soin que, ce jour là, invisibles, les morts participent au festin offert aux bonzes. En certains lieux, l’on procède à l’ordination des yay ci, femmes âgées qui se consacrent à la vie monastique, en faisant tourner autour d’elles les popil.

Vers la fin du jour, dans chaque maison, chaque famille se réunit pour un banquet en l’honneur de ses morts. Une natte est étendue, sur laquelle est placé un oreiller recouvert d’une toile blance. De part et d’autre sont disposés les mets, les gateaux, le bay bettbor et les ben.

Le chef de famille, allumant bougies et baguettes d’encens, invite les mânes à participer au festin, et leur demande de veiller sur leurs descendants.

Souvent aussi, il invite les esprits des amis chers à venir participer à la fête.
Le lendemain matin, permier jour du mois d’àsoc, avant qu’il ne fasse clair, on met à l’eau un esquif creusé dans le tronc d’un bananier, et contenant des gâteaux et diverses offrandes. Après un dernier adieu aux mort, l’on abandonne l’embarcation, en demandant aux âmes de s’en retourner aux lieux d’où elles sont venues.

Dans les villages entourant Phnom-Penh, ce même matin, a lieu le Thvay Prah Phum, célébration en l’honneur de l’Auguste Sol. Comme la veille, des offrandes sont disposées autour d’une natte, et l’on invoque les divinités gardiennes du sol et de la terre pour la prospérité des moissons.

Parfois, tout de suite après l’invocation, les enfants, qui attendent sous la maison, frappent, en faisant autant de bruit que possible, contre du Buddha, et les villageois demandent pardon à l’Eau et à la Terre de les avoir polluées en cours d’année. Puis le radeau est mis à l’eau.

Le plus souvent, avant d’être abandonée au courant, le radeau est hâle par une barque richement ornée, remplie de bonzes, et suivi par toute une procession nautique. Dans beaucoup de villages, des courses de pirogues sont disputées à cette occasion.

Diverses légendes expliquent la coutume du “flottage des lumières,” mais deux d’entr’elles sont particulièrement connues. D’après l’une, la fête est pour honorer une Dent du Buddha gardée par le Roi des Nâga au fond des eaux, d’après l’autre, elle est en souvenir du jour où, sur la demande des nâga, le Buddha laissa ses Empreintes pour que les animaux aquatiques puissent participer au culte.

Les mêmes explications sont données pour la Fête des Eaux, qui a lieu exactement une lunaison plus tard.

No copyright infringement intended. Copyright holder: if you wish me to remove this text, please contact me and I will be happy to do so.

  1. I’ll be happy to provide vocabulary assistance for the French transcriptions of Khmer words, if those are unfamiliar. Leave queries in the comments. Bangskol, for instance, is pansukula, the dominant and most important chant for the dead.

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